Statement at CRIC12/COP11 Wednesday September 18th

Madame la Présidente,

Je vous remercie de donner la parole aux OSCs qui, vous le savez et vous en êtes convaincue, sont des acteurs majeurs de cette Convention dès qu’il s’agit de la mise en œuvre sur le terrain aux près des bénéficiaires.

Je voudrais m’exprimer ici au non du CARI, du réseau Drynet et des OSCs représentées ici
Le FEM est pour nous un instrument très important, en particulier parce qu’il est un des rares instruments à chercher à favoriser la synergie telle que nous devons y faire face loin des débats internationaux, au niveau des actions de terrain et des populations.

Madame la présidente permettez-moi de vous soumettre ici quelques considérations et propositions de la société civile dans le cadre du CRIC et à la lumière de l’actuelle période de reconstitution du fonds en cours du FEM6.

Concernant la fenêtre dégradation des terres et ses subdivisions 1,2,3 et 4, elle est non seulement récente mais elle est désespérément stable et trop faible en termes de montant alloués. Elle est l’avant dernière en termes de montant total depuis le début de la phase pilote du GEF et jusqu’au GEF 5, loin derrière le climat, la biodiversité, les eaux internationales, les domaines transversaux, et même les polluants organiques persistants pourtant entrés au FEM lors de la même année que l’UNCCD.

Nous pensons qu’à l’occasion de la présente période de reconstitution du FEM6 il est temps d’avoir une plus grande ambition. Nous estimons par ailleurs dangereux que la dégradation des terres soit trop souvent évoquée comme limitée à la dégradation des sols ce qui limite sérieusement la compréhension des enjeux. Le rôle du GEF au service de l’UNCCD est de s’appuyer sur la définition qui fonde cette Convention et non sur une interprétation restreinte. Nous regrettons par ailleurs que les propositions en présence dans les négociations pour le FEM6 semblent tendre vers la poursuite de la situation actuelle. Cela n’est pas en rapport avec enjeux.

Nous proposons de reconsidérer sérieusement cette question non seulement en augmentant le financement alloué à la fenêtre dégradation des terres, mais aussi en proposant au conseil du FEM de prendre des mesures précises pour que la dégradation des terres soit considérée comme un ingrédient indispensable à la mise en œuvre des autres fenêtres particulièrement le changement climatique via l’adaptation ou la mitigation – et la biodiversité.

Concernant le rapport ICCD.CRIC/(12)/6 ainsi que l’examen d’autres documents actuellement en discussion pour la reconstitution du FEM6, une rapide analyse nous a convaincu que les concepts évoqués tendent vers un soutien à l’agriculture industrielle sous couvert des concepts de «  climate smart agriculture » ou « green revolution » abondamment évoqués dans ces textes . Ceci alors que les petites agricultures familiales ou les itinéraires techniques d’agriculture durable comme l’agroécologie sont quasi absents de ces documents. C’est choquant au vu du mandat du FEM. C’est aussi empreint d’une vision passéiste de l’agriculture du 21 siècle.

Le FEM devrait au contraire orienter ses investissements massivement en faveur de la petite agriculture déjà productrice de 70 % de la nourriture du monde et aussi vers les agricultures écologiques au plus grand bénéfice de la lutte contre la dégradation des terres et de la lutte contre la pauvreté, particulièrement en zone aride.

Concernant les OSCS, nous tenons à rappeler qu’une stratégie d’implication des OSCs au FEM a été adoptée en 2012 toutefois : Nous constatons que les SGP (micro financement FEM) destinés aux OSCs fonctionnent bien, sans doute à cause de leur procédure simplifiées. Mais ce programme précieux est trop modeste et n’a jusqu’ici engagé que 6% des fonds du FEM via des projets limités à 50 000 USD. Ceci n’est pas compatible avec des projets pluri annuels ou en consortium et reste donc limité.

Nous notons que les projets de grande taille de plusieurs millions qui requièrent des allocations STAR des états et qui utilisent l’essentiel des ressources du FEM (85 %) sont d’un accès exceptionnel pour les OSCs ; ceci dans un environnement institutionnel souvent peu favorable pour elles et où leur valeur ajoutée et leur identité sont confrontés à des mécanismes pour lesquels elles ne sont pas toujours outillées.

En réalité ce sont les projets de moyenne dimension portés désormais à 2 millions de USD lors du dernier conseil du FEM en 2012 qui sont la dimension la plus appropriée aux OSCs à la fois en termes de montants mis en œuvre, que de processus. L’évaluation du FEM et l’expérience montrent toutefois que les agences de mise en œuvre qui détiennent l’habilitation, et donc en quelque sorte le monopole, semblent peu intéressées par cette dimension de projet qui ne répond pas à leurs attentes financières. Seulement 5 % du budget total du FEM depuis ses débuts a été consacré à cette catégorie de projets ce qui se passe de commentaires.

Dans cette catégorie de projets il serait indispensable de changer le modèle et de prévoir des formes nouvelles et plus appropriées d’accès et de facilitation pour les OSCs individuelles ou en consortium, et pour lesquelles de les agences et les secrétariat devraient se doter de véritables politiques volontaristes.

Madame la Présidente, j’ajouterais à ces quelques points que les Signatures programmes actuellement en discussion, si leur approche utilisant des fonds de plusieurs fenêtres paraît intéressante, divers aspects restent troubles. Par exemple dans le Signature programme sur la sécurité alimentaire pour l’Afrique subsaharienne, nous ne pouvons qu’être inquiets des motivations du partenariat entre le FEM et AGRA dont les soutiens via certaines fondations nous font craindre l’irruption d’un secteur privé dédié aux organismes génétiquement modifiés et aux semences hybrides qui à notre avis ne répondent pas aux enjeux qui nous préoccupent.

Madame la présidente,

Les temps changent, la reconstitution du FEM6 jusqu’en juin 2014 est l’occasion pour la communauté des acteurs de la lutte contre la désertification, pour les états comme pour les OSCs, d’un dialogue nouveau, une sorte de new deal. En particulier dans le cadre de l’UNCCD et afin que les OSCs puissent pleinement jouer leur rôle non seulement dans les SGP, mais aussi dans l’ensemble des projets du FEM y compris les signatures programmes si ceux voient le jour. Plus spécifiquement dans les projets de moyenne dimension avec une vraie implication sans arrières pensées des agences et une facilitation du Secrétariat du FEM en direction des OSCs.

Les OSCS ici présentes pensent ainsi servir la cause des zones arides.

Madame la présidente, chers collègues dédiés à la cause des zones arides, je vous remercie.

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